Avec plus de 2,6 millions d’auto-entrepreneurs en France, le régime de la micro-entreprise demeure une voie privilégiée pour lancer une activité indépendante avec simplicité. Pourtant, l’année 2025 marque un tournant clé. Plusieurs évolutions réglementaires affectent les charges sociales, les cotisations, le régime fiscal et les obligations comptables, imposant aux entrepreneurs une vigilance accrue. Les ajustements des seuils de franchise de TVA, la hausse des taux de cotisation pour certaines professions libérales, la prochaine généralisation de la facturation électronique et la réforme des services à la personne bouleversent la manière dont les micro-entrepreneurs doivent gérer leur protection sociale et leur comptabilité.
Face à cette complexité croissante, il est indispensable de comprendre les nouvelles règles pour optimiser son activité, éviter les pièges et profiter pleinement des avantages offerts par le régime micro-social. Notre analyse vous plonge dans les détails des charges sociales en micro-entreprise en 2025, afin de vous accompagner dans vos démarches et vous aider à faire les choix stratégiques adaptés à votre situation professionnelle, tout en respectant les obligations auprès de l’URSSAF et autres organismes concernés.
En bref
- Seuils de franchise de TVA modifiés : baisse à 85 000 € pour le négoce, légère hausse à 37 500 € pour les prestations de services, impactant la gestion fiscale.
- Assouplissement du régime des services à la personne : activité principale non exclusive, mais plafond de 30 % d’activités annexes et comptabilité distincte exigée.
- Hausse progressive des cotisations sociales pour les professions libérales non réglementées, avec un taux qui passera à 26,1 % en 2026.
- Facturation électronique et e-reporting : adoptez dès 2025 les outils numériques pour anticiper l’obligation qui s’impose dès 2026-2027.
- Cumul emploi-retraite : les retraités micro-entrepreneurs peuvent désormais cumuler intégralement pensions et activité rémunérée.
Les nouveaux seuils de TVA et leurs impacts sur les cotisations sociales en micro-entreprise
En 2025, la question de la TVA est au cœur des préoccupations des micro-entrepreneurs. Le régime micro-social, qui permet un calcul simplifié des cotisations sociales basé sur un pourcentage du chiffre d’affaires, dépend notamment de la notion de franchise en base de TVA. Cette franchise exonère les entrepreneurs de la collecte et de la déclaration de la TVA tant que leur chiffre d’affaires reste sous un certain plafond.
Or, ces seuils ont été modifiés notablement en 2025 :
- Activités de négoce, vente sur place et fourniture de logements : le seuil de franchise est abaissé de 91 900 € à 85 000 €.
- Prestations de services et location meublée : le seuil est légèrement relevé de 36 800 € à 37 500 €.
Ces ajustements impliquent que certains micro-entrepreneurs devront facturer, collecter et déclarer la TVA plus tôt qu’auparavant, complexifiant leur gestion comptable. Outre ces seuils, les seuils majorés (permettant un dépassement ponctuel sans sortie immédiate du régime) évoluent également, avec une baisse pour le négoce (93 500 € contre 101 000 € avant) et une légère augmentation pour les prestations de services (41 250 € contre 39 100 €).
Conséquences concrètes : lorsque votre chiffre d’affaires franchit ces limites deux années de suite, vous perdez le bénéfice de la franchise et passez au régime réel de TVA. Vous devez dès lors appliquer la TVA sur vos factures, suivre rigoureusement vos achats pour récupérer la TVA déductible, et respecter des formalités déclaratives plus pointues.
La vigilance est donc de mise pour anticiper cette transition et organiser sa comptabilité en conséquence. Les micro-entrepreneurs doivent aussi être attentifs aux discussions en cours sur un éventuel seuil unique de franchise porté à 25 000 €, une réforme suspendue fin 2024 et qui pourrait revenir en débat.
| Type d’activité | Seuil franchise 2024 | Seuil franchise 2025 | Seuil majoré 2024 | Seuil majoré 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Négoce, vente, fourniture logements | 91 900 € | 85 000 € | 101 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 36 800 € | 37 500 € | 39 100 € | 41 250 € |
Cette évolution impose aux auto-entrepreneurs qui s’approchent des plafonds d’adopter une stratégie anticipative. Par exemple, une créatrice de bijoux vendant sur un marché local devra surveiller de près son chiffre d’affaires annuellement pour ne pas franchir le seuil, sinon elle devra gérer la TVA et revoir sa politique tarifaire et sa trésorerie.

Services à la personne : un régime fiscal plus souple pour les micro-entrepreneurs
Les activités de services à la personne, telles que l’aide à domicile, le soutien scolaire ou la garde d’enfants, bénéficient d’un traitement fiscal avantageux, notamment avec un taux réduit de TVA. Jusqu’à récemment, ce régime exigeait que l’auto-entrepreneur voue son activité exclusivement à ce secteur, limitant souvent la diversification.
Au 1er janvier 2025, un assouplissement significatif est entré en vigueur :
- L’auto-entrepreneur peut désormais exercer d’autres activités, à condition que celles-ci ne représentent pas plus de 30 % du chiffre d’affaires annuel.
- Une comptabilité distincte doit être tenue pour la partie liée aux services à la personne.
- La déclaration des chiffres d’affaires doit être faite séparément sur la plateforme dédiée, Nova.
Ce changement ouvre de nouveaux horizons pour les micro-entrepreneurs qui souhaitent diversifier leurs sources de revenus tout en profitant toujours du taux réduit de TVA à 10 % sur les services à la personne. Par exemple, un entrepreneur qui propose à la fois du ménage et de la vente d’objets artisanaux pourra continuer à bénéficier de ce régime avantageux, même si la vente représente jusqu’à 30 % de son chiffre d’affaires.
Pour autant, cette liberté implique une rigueur dans la gestion administrative avec un respect strict des règles. En cas de dépassement de ce seuil ou de non-respect des obligations comptables, le risque est une radiation du régime fiscal spécifique avec la perte du taux réduit et des crédits d’impôts associés, ce qui pourrait fragiliser la rentabilité.
| Critère | Règle 2024 | Règle 2025 |
|---|---|---|
| Exclusivité d’activité | Obligatoire | Non requise, activités annexes limitées à 30 % |
| Taux réduit de TVA | 10 % uniquement si exclusivité | 10 % maintenu avec assouplissement |
| Obligation comptable | Comptabilité simplifiée | Comptabilité distincte obligatoire |
| Déclaration | Chiffre d’affaires global | Déclaration séparée sur Nova |
Pour les micro-entrepreneurs spécialisés, cette évolution est particulièrement bienvenue et encourage une meilleure organisation administrative. La vigilance reste cependant incontournable, notamment dans la tenue des registres et le respect des seuils.
Comprendre la hausse des cotisations sociales pour les professions libérales en 2025
Depuis juillet 2024, une réforme progressive a modifié les taux de cotisations sociales pour les auto-entrepreneurs exerçant une profession libérale non réglementée et affiliée à la CIPAV ou au régime général. Cette mesure vise à renforcer la couverture sociale et améliorer la retraite complémentaire de ces travailleurs indépendants.
Ce changement impacte notamment des catégories professionnelles telles que les consultants, formateurs, designers ou développeurs web. Les taux évoluent ainsi :
- Pour la CIPAV : le taux global passe de 21,2 % à 23,2 % en 2024 et est attendu à 25,6 % en 2026.
- Pour le régime général : la cotisation augmente de 23,1 % à 24,6 % en 2025, avec une montée à 26,1 % en 2026.
Ceci se traduit par un alourdissement des charges sociales, calculées sur le chiffre d’affaires brut, ce qui peut réduire la rentabilité de ces professions, surtout si les charges réelles sont relativement élevées. Une adaptation tarifaire et une gestion minutieuse s’imposent pour maintenir un équilibre financier sain.
| Type de cotisation | Avant réforme | Après réforme 2025 |
|---|---|---|
| Assurance maladie maternité (CIPAV) | 8,1 % | 9,3 % |
| Assurance vieillesse complémentaire (CIPAV) | 20,75 % | 25,6 % |
| Assurance invalidité-décès (CIPAV) | 2,6 % | 1,4 % |
| Assurance maladie maternité (régime général) | 3,9 % | 3,6 % |
| Assurance vieillesse complémentaire (régime général) | – | 7,85 % (nouveau taux) |
Les micro-entrepreneurs concernés doivent s’appuyer sur les outils mis à disposition par l’URSSAF pour bien anticiper ces changements issus du régime micro-social et adapter leurs prévisions financières. L’intégration de ces cotisations plus élevées peut notamment influer sur le choix entre micro-entreprise et un autre régime plus adapté selon le volume d’activité et les frais engagés.
Facturation électronique et e-reporting : des obligations incontournables pour les micro-entrepreneurs
L’évolution numérique impose aux auto-entrepreneurs des transformations profondes dans leur gestion administrative. La facturation électronique devient progressivement obligatoire pour toutes les entreprises y compris les micro-entreprises à compter de septembre 2026 pour la réception et septembre 2027 pour l’émission.
Le calendrier impose différentes phases :
- 1er septembre 2026 : obligation d’émettre des factures électroniques pour les grandes entreprises et ETI, ainsi que l’obligation de réception pour toutes les entreprises.
- 1er septembre 2027 : obligation d’émission pour PME et micro-entrepreneurs.
Parallèlement, l’e-reporting va exiger la transmission de données complémentaires sur les transactions, telles que les montants précis et la TVA associée, pour renforcer le contrôle fiscal et la transparence.
Ces évolutions nécessitent une adaptation des outils comptables et une montée en compétence des entrepreneurs sur les plateformes numériques. De nombreuses banques, comme Société Générale ou Crédit Agricole, proposent désormais des solutions intégrées pour faciliter ces démarches.
| Date | Obligation | Entreprise concernée |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Émission factures électroniques | Grandes entreprises, ETI |
| 1er septembre 2026 | Réception factures électroniques | Toutes entreprises y compris micro-entrepreneurs |
| 1er septembre 2027 | Émission factures électroniques | PME, auto-entrepreneurs |
Pour réussir cette transition digitale, il est conseillé dès aujourd’hui de tester les outils, de prendre contact avec son expert-comptable ou son centre de formalités des entreprises, et de prévoir un accompagnement adapté, afin d’éviter les erreurs et pénalités liées à ces nouvelles règles.
Micro-entrepreneurs retraités : les avantages du cumul emploi-retraite
Depuis le début de l’année, une disposition encourage les retraités à reprendre ou continuer une activité en micro-entreprise tout en percevant leur pension de retraite. Le dispositif de cumul emploi-retraite intégral leur permet d’exercer librement leur activité sans aucune diminution des droits à pension.
Cette mesure, favorable pour de nombreux retraités artisans ou commerçants, améliore notamment leurs droits à la retraite complémentaire pendant la durée de leur activité. Les cotisations sociales restent dues normalement à l’URSSAF et financent la couverture maladie et les prestations sociales.
Ce mécanisme est un levier intéressant pour renforcer la protection sociale tout en assurant un revenu complémentaire, offrant ainsi une nouvelle dynamique aux seniors entrepreneurs. La gestion reste classique : déclaration sociale, paiement régulier des cotisations au régime micro-social, avec l’avantage supplémentaire du cumul des droits acquis et de la pension perçue.
Ainsi, cette évolution illustre la flexibilité progressive du système social français pour accompagner les seniors dans leur volonté d’activité et d’autonomie financière.
Quelle est la principale nouveauté concernant les cotisations sociales en 2025 ?
La hausse progressive des taux de cotisations pour les professions libérales affiliées à la CIPAV ou au régime général, destinée à améliorer leur retraite complémentaire.
Les seuils de chiffre d’affaires ont-ils changé en 2025 ?
Les plafonds de chiffre d’affaires restent stables jusqu’en 2026, permettant aux micro-entrepreneurs de conserver leurs avantages sous certaines conditions.
Quelles sont les nouvelles obligations liées à la facturation électronique ?
Elle s’imposera progressivement entre septembre 2026 et septembre 2027, pour l’émission et la réception des factures électroniques, avec la mise en place de l’e-reporting.
Comment bénéficier du taux réduit de TVA pour les services à la personne en 2025 ?
En maintenant les activités annexes à 30 % maximum du chiffre d’affaires total et en tenant une comptabilité distincte pour les services à la personne.
Où trouver des outils pour gérer facilement la micro-entreprise ?
Des portails spécialisés et des organismes comme l’URSSAF, BPI France, Société Générale ou Crédit Agricole proposent des solutions numériques sécurisées et adaptées aux auto-entrepreneurs.


